lundi 18 février 2008

Serei No Moribito

Serei No Moribito, Le gardien de l'esprit sacré est sorti en 2007 des studios de Production I.G. (Ghost in the Shell, Blood+, Patlabor...). Serei No Moribito nous emmène dans un monde imaginaire, proche du Japon médiéval, au coeur du Nouvel Empire de Yogo, mais aussi dans un monde parallèle aux animaux immenses et chymériques. Ainsi, les légendes s'entrechoquent entre la vérité des autochtones, les Yakués et les mythes fondateurs de l'Empire. J'adore tout ce qui tient de la création de mondes fantastiques, et Serei No Moribito réussit parfaitement à nous plonger dans un univers dont la physique ressemble sensiblement au nôtre mais en y apportant cette petite touche de chamanisme, de magie et de spiritisme sans trop en faire. La musique de Kenji Kawai ajoute à cet émerveillement (écoutez le thème magnifique de Ghost in the Shell pour avoir une idée de ce que nous propose Serei No Moribito).
L'histoire ne se limite pas aux légendes, bien sûr, elle tourne principalement autour de deux personnage, Balsa et Chagum.
Balsa est une femme de 30 ans, ce qui est très appréciable, ça change des adolescents pré-pubères qui sauvent le monde. Elle est garde du corps, emploi grâce auquel elle peut accomplir sa promesse de sauver huit vies. Après deux ans d'absence, elle retourne à Yogo et assiste, par hasard à un accident. Elle sauve alors la vie du prince de Yogo, Chagum. Elle est invitée par l'impératrice au palais afin de recevoir une récompense. L'impératrice révèle alors à Balsa que Chagum est possédé par un démon. Afin d'assurer une quiétude politique, l'empereur a ordonné l'assassinat du prince, c'est pourquoi l'impératrice demande à la lancière de protéger l'enfant. Balsa accepte, d'autant plus que Chagum est la huitième vie qu'elle s'est juré de sauver.
Le scénario suit un déroulement logique, quelques surprises interviennent. Le rythme de la série est ainsi toujours égal à lui même et nous tient en haleine par chaque moment de poésie et de découverte de ce monde (c'est mon sentiment, les autres critiques parleront du manque de "bastons" * toussote * ) L'évolution des rapports entre Balsa et Chagum sont tout aussi poétiques et prenants, surtout sur la fin. Balsa est une guerrière au coeur en or, Chagum est un enfant gentil et naïf qui apprend avec Balsa et son entourage, la vie de simples gens. Ainsi toute l'histoire est axée sur ce duo parent/enfant, laissant de côté, et c'est un petit peu dommage, la relation entre Balsa et Tanda, ami d'enfance de Balsa, qui, comme il le dit dans un épisode se sent comme la femme d'un guerrier. Toutefois, chaque personnage secondaire est travaillé, que ce soit les huit guerriers d'élite de Yogo, les deux orphelins sauvés par Balsa, Sagum, le grand frère de Chagum, ... La chamane Togorai, qui ressemble étrangement aux grands-mères des films de Miyasaki, tant au niveau du design que du caractère, nous fait sourire et prend réellement part au scénario.
Toutefois, dans les méandres de la politique de Yogo, qui ne sont pas assez sombres et sinueux à mon goût, le personnage de Shuga, tuteur du petit Chagum, manque ainsi de profondeur. On s'attendrait à un personnage plus mystérieux et intrigant, dommage.
L'ensemble de la série est remarquable par l'animation et la qualité du dessin. Il ne faut pas s'attendre à moult combats, ce n'est pas le centre de l'histoire, mais ceux qui sont présents sont de rares qualité et fluidité. 26 épisodes de magie, d'envoûtement et d'émotions garanties. :)

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