L'autre jour - 2-3 jours dirai-je - je regardais un reportage sur la belge (oui oui les belges ont des chaînes de TV et ils font des reportages! Si si je vous assure... Ami belge, qui lit ces lignes, ne t'offense pas, tu sais très bien que c'est pour rire et que tous les chtis rêvent d'être belge pour ne pas avoir à passer la frontière pour acheter des clopes ou de la bière ou pour d'autres raisons que je tairai ici...) Bref, je regardais donc ce reportage sur le gros clivage entre blogger et journaliste, où l'on parlait du 911, de complots de manipulation médiatique, de pression sur les médias, de désinformation, de réappropriation de l'information par le peuple... Sujet passionnant.
Non, en fait, pas du tout. C'est un débat puéril et qui n'a pas lieu. L'information véridique, c'est uniquement une vue de l'esprit. En informatique, notamment dans un contexte de KM ou de portail collaboratif, le distinguo est fait entre la donnée et l'information. La donnée est objective. L'information est, quant à elle, subjective. Plus précisément, elle apporte une réflexion additionnelle à la donnée. Elle peut ainsi entrer dans un débat d'opinions et servir d'argument.
Dernièrement, j'ai écrit un mémoire sur l'agilité offshore. Pour décrire clairement le processus, il me fallait des éléments concrets pour comprendre ce qu'impliquait l'offshore en termes notamment de risques. Je rappelle brièvement ce qu'est l'offshore : la "délocalisation" de services informatiques. Notez les guillemets. Ce terme : DÉLOCALISATION, à quoi vous fait-il penser?
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Restructuration? Plan social? Perte d'emplois? Licenciement? Grève?
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Ah? Comme c'est drôle, tout le monde pense à la même chose! D'accord, je vous amène à l'idée... Bref, en informatique (sont très forts les élites de l'informatique pour trouver des mots tendances business qui génère masse pognon, faut l'avouer) on parle d'offshore, histoire de ne pas faire d'association d'idées, c'est beaucoup plus vendeur! Je trouve ça très fin et très intelligent. Rien que le remplacement d'un mot, cela permet la manipulation des esprits. C'est épatant. La seule différence entre offshore et délocalisation que nous pourrions trouver, ce serait l'impact sur l'emploi, puisque le secteur IT se porte très bien, que la gestion de projet en informatique est d'une complexité étonnante et que la distance résultant de l'offshore implique un investissement en termes d'assurance qualité telle que l'impact des pertes d'emplois se fait à peine ressentir. C'est ce que j'ai cru comprendre en lisant nombre d'essais sur ce thème, dont un écrit par le Groupe Alpha en partenariat avec la CGT. En conséquence, si les syndicats patronaux et des travailleurs se rejoignent plus ou moins sur une analyse, j'estime l'information juste.
D'un côté, on met l'accent sur le fait que l'offshore, c'est de la délocalisation, mais on concède que pour l'instant cela n'a pas d'impact conséquent sur l'emploi.
De l'autre, on précise que l'offshore et la délocalisation n'ont rien à voir et que ce phénomène engendre la création de postes à forte valeur ajoutée, sans diminution spécifique de carrière back office...
Dire la même chose de manière différente pour engendrer un point de vue différent.
Reprenons le sujet initial, à savoir la dualité blogger/journaliste. C'est la même chose que le Syntec et le Groupe Alpha, les sources d'informations diverses et variées ne sont pas un mal, mais sont plutôt une complétion d'informations, cela permet de vérifier les dires de l'un ou l'autre et de confronter des points de vues. Un argument que les anti-journalistes pros ont, et auquel j'adhère, c'est de dire que la blogosphère et autres forums permettent une interaction entre les personnes. Plutôt que de rester passif devant sa télé, il y a là possibilité de s'exprimer. C'est plutôt chouette, je trouve, dans un pays où le droit à l'expression (et non à la discrimination ou l'atteinte à l'intégrité de personnes - physiquse ou morales) est primordial.
Ce que j'exprime ici, c'est que personne n'est obligé ni de regarder le 19-20, lire Le Monde ou ses flux RSS. Chacun va chercher l'information qu'il désire trouver, conformément à ses points de vue et ses convictions, et chacun a sa cervelle et sa conscience pour lui dicter son comportement. La liberté de choisir son média, ça fait partie de nos droits et j'ai trouvé le thème du reportage plutôt restreint quant à l'ouverture d'esprit. Sans parler des différences entre amateurisme et professionnalisme, présent dans le reportage et qui me fait penser au parallélisme troublant entre logiciel propriétaire payant et un logiciel open-source gratuit... Certains freeware gratuits sont plus fonctionnels, plus performants, plus ergonomiques, etc que leurs concurrents payants. C'est la même chose pour les amateurs et les pros.
L'ouverture d'esprit et le respect de l'autre priment.
J'ai quand même découvert un blog très drôle dans la façon d'interviewer et puis avec ce magnifique accent belge (j'adore l'accent belge, il faut le savoir!) :
http://blogs.sudpresse.be/expresso/NB : Je n'ai pas pu voir le reportage jusqu'au bout, mais j'ai dû regarder les 3/4 et l'esprit du reportage que j'ai ressenti était une volonté de reconnaissance du métier de journaliste en tant que profession intègre qui fait fit des pressions politique, etc...